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Thomas Maurer, enseignant chercheur référent des Cordées de la réussite et Egalité des chances à l'UTT

Publié le 12 mai 2021 Mis à jour le 17 mai 2021
Date(s)

le 12 mai 2021

Parcours

"Je suis arrivé à l'UTT un peu par hasard. diplômé des Mines de Nancy, j'ai suivi un master et un doctorat à Orsay en m'intéressant notamment à l'étude des propriétés magnétiques de nanofils métalliques dans une unité mixte de recherche CNRS-CEA du CEA Saclay. J'avais déjà eu mes deux premiers enfants durant ma thèse et je devais  vivre éloigné de ma femme et de mes filles puisque j'effectuais un post-doctorat au Max Planck Institute de Stuttgart suite à l'obtention d'une bourse de recherche franco-allemande. Je cherchais donc à rapidement revenir en France et je commençais à postuler à des postes de Maître de conférences. Un vendredi soir début juillet, je reçois un coup de téléphone de Renaud Bachelot qui me dit qu'ils avaient bien reçu quelques mois auparavant ma demande de renseignements au sujet du poste de Maître de conférences associé à une chaire CNRS-UTT sur les nanocapteurs optiques  et qu'ils étaient intéressés par le fait que je candidate. Il fallait juste que j'envoie mon dossier de candidature samedi matin au plus tard, l'audition étant une semaine plus tard. Et c'est ainsi, un peu par hasard et de manière inattendue que je débarquais sur Troyes, il y a maintenant dix ans."
 

Ce que j'ai apporté à l'UTT

"Tout d'abord, j'estime que c'est l'UTT qui m'a beaucoup apporté. L'UTT m'a permis de me stabiliser sur le plan familial, deux autres enfants, deux garçons ( les seuls pur aubois ) sont venus agrandir notre famille. Sur le plan professionnel, l'UTT est un établissement jeune où tout est possible et où chacun peut créer et développer sa propre activité. On est loin du fonctionnement des grands centres universitaires où le fonctionnement est très vertical. C'est cette horizontalité que j'aime à l'UTT et qui, il me semble, nous permet de tirer notre épingle du jeu que ce soit en formation, recherche ou transfert technologique.
Et puis le modèle UT, si original et pour peu que l'on se l'approprie, nous transforme tous petit à petit et inculque en chacun de nous une capacité à innover et une volonté d'être toujours en avance de phase.

Mes dix premières années à l'UTT peuvent être décomposées en deux grandes périodes. Les cinq premières années, je me suis beaucoup concentré sur le démarrage de mes activités de recherche dans le cadre de ma chaire CNRS-UTT. J'ai pu développer une activité propre autour de l'intégration de nanoparticules dans la matière afin de pouvoir suivre et et contrôler les déformations in-situ et de manière non destructives. J'aime cette thématique de recherche car elle est inter-disciplinaire (physico-chimie, nanofabrication, optique, mécanique,...) et permet de fédérer plusieurs équipes au sein de l'UTT (L2n et LASMIS), en France et à l'international. J'ai pu durant cette période obtenir des premiers résultats et développer de premiers prototypes de capteurs optiques de déformations, qui m'ont ensuite permis de décrocher des financements nationaux (dont un projet "jeune chercheur" de l'Agence Nationale de Recherche). Aujourd'hui, avec les collègues impliqués au sein du L2n et du LASMIS, nous cherchons à développer au sein de la Fondation UTT une chaire industrielle intitulée "Nanosensor Innovation". Cette chaire serait un premier moyen pour moi de rendre à l'établissement ce qu'il m'a apporté côté recherche et je suis persuadé que dans un autre établissement, je n'aurais pas eu les moyens ou la liberté nécessaire pour développer si vite cette activité et voire se créer une chaire industrielle.

La seconde période à partir de 2015 correspond à mon investissement dans l'établissement. J'ai d'abord commencé à m'investir dans les conseils, que ce soit conseil d'administration ou comité technique. Le comité technique est celui qui attire le moins de candidatures, notamment hors syndicat. Pourtant, c'est à mon sens le conseil le plus important de l'UTT, celui où le dialogue avec la direction permet de peser sur l'organisation et le fonctionnement de l'UTT.

En 2016, il y a eu un appel à responsabilité pour prendre la coordination des cordées de la réussite qui avait préalablement disparu de l'UTT et qu'il fallait relancer à la demande du rectorat. Je crois que j'ai été le seul à candidater sur ce dispositif d'égalité des chances mais j'ai immédiatement senti le soutien de Pierre Koch qui souhaitait renforcer le retour de l'UTT vers le territoire et les mécanismes d'ouverture sociale. J'ai commencé un peu seul, je me remémore toujours avec un peu de nostalgie les goûters que j'organisais pour les 53 premiers collégiens ou le voyage de deux jours que nous avons fait à Lyon.  Cependant, même si le programme n'était pas si bien reconnu à l'époque au sein de l'UTT, j'ai toujours eu la volonté de construire des fondations solides qui permettraient par la suite de l'inscrire dans la stratégie d'établissement. Je me suis donc immédiatement appuyé sur la démarche MIND pour pérenniser la participation des étudiants et en faire une cordée pédagogique à la fois pour les collégiens et les étudiants et j'ai rapidement cherché, avec l'aide de la Fondation, à trouver des financement permettant de poursuivre ce programme au lycée et à créer un véritable continuum collège-lycée-supérieur. En 2019, Emilie Colas est spontanément venue m'aider à structurer le programme, c'est ce qui a véritablement permis de consolider le fonctionnement du programme et d'accélérer son développement. Aujourd'hui, nous formons un binôme plutôt efficace et arrivons à impliquer de plus en plus les enseignants de l'UTT. En effet, ce programme correspond aux valeurs de l'établissement et fédère très largement: ouverture sociale, ouverture sur le territoire... Ce sont des belles histoires qui je l'espère sont inspirantes pour les jeunes que nous accompagnons, ce que j'appelle souvent la preuve par l'exemple: Riadh tuteur étudiant UTT de la 1ère promo cordée qui avait été lui-même élève au collège Albert Camus 4 ans auparavant quand il est arrivé en France sans connaître notre langue, Malcolm élève de 3ème de la 1ère promo des cordée qui a intégré l'UTT cette année et oeuvre aujourd'hui comme tuteur étudiant ou encore Oumayma qui grâce au programme Egalité des chances est partie étudier au sein de l'Université Paris-Dauphine et revient régulièrement dire aux lycéens aubois que si cela a été possible pour elle, c'est aussi possible pour eux. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, le progamme Cordée-Egalité des chances, c'est chaque année 200 élèves de 8 collèges aubois et 200 lycéens issus de 4 et bientôt 6 établissements du département, 50 tuteurs étudiants et désormais quatre mécènes impliqués auprès de l'UTT et de sa Fondation pour développer un programme qui correspond aux objectifs de l'Université de technologie européenne EUt+ dont le slogan est Think human first. J'espère donc que ce programme sera l'un des éléments contribuant au succès d'EUt+ et je crois que s'il y a une chose dont je suis fier, c'est bien d'être à l'origine de ce programme qui j'en suis désormais sûr perdurera au-delà de moi, en tout cas je fais tout pour.

Enfin, en 2017, j'ai eu l'occasion de prendre la co-responsabilité du Tronc Commun avec Alexandre Vial. Depuis ce jour, nous formons un binôme inséparable et plutôt identifiable puisque nous sommes tous les deux vosgiens, barbus et buveurs de bière. On a deux profils très différents mais c'est ce qui fait notre force, on est complémentaire et on sait respecter le fait que l'autre puisse voir les choses différemment. Si on arrive à un compromis entre nous, c'est que cette solution aura de bonne chance d'être acceptée par la communauté. Et puis, surtout, nous aimons les étudiants et je crois que l'on ne peut pas s'investir dans des responsabilités pédagogiques si l'on n'a pas au fond de soi l'envie d'aider nos étudiants à trouver leur voie et s'accomplir. Au bout de presque trois ans,à l'automne 2020, nous avons quitté le Tronc Commun pour prendre en main la direction de la formation et de la pédagogie. C'est un peu une troisième et nouvelle période qui s'ouvre pour moi depuis. La fonction est exigeante car il faut à la fois gérer les aspects opérationnels et construire la stratégie Formation de l'établissement en lien avec tous les acteurs. Dans nos nouvelles fonctions, nous essayons d'apporter de la stabilité à l'UTT. Nous avons en effet été les 4èmes nommés à cette fonction en 4 ans. Pour cela, nous essayons de stabiliser l'organisation de la direction de la formation et de la pédagogie et la rendre autonome quels que soient les DFP en place.

Et puis... nous avons très rapidement été en propulsé en 1ère ligne pour coordonner la continuité pédagogique dans le cadre de la crise Covid-19 et je pense que même si tout n'a pas été parfait, une fois de plus, l'UTT a démontré sa capacité d'adaptation dans un contexte de crise. Au passage, je tiens à remercier la Fondation qui répond toujours présent pour nous accompagner dans les bons et mauvais moments. Lors de la crise, nous avons pu bénéficier de 50k€ de la Fondation pour mettre en place des enseignements à distance, notamment certains travaux pratiques."
mise à jour le 17 mai 2021